Débord de Loire

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Nantes et le Belem, c’est une histoire d’amour ! A l’occasion des 120 ans du célèbre voilier, un périple en fanfare, de Saint-Nazaire à Nantes, était organisé samedi dernier, prélude à la manifestation Débord de Loire. Pour nous, c’était un spectacle à ne pas manquer !

Pour voir ce fabuleux bateau, nous nous sommes donc dirigés vers les bords de Loire, à Indret précisément. Le bac Lola nous faisant de l’oeil, et la flotille se faisant attendre, nous avons profité de l’occasion pour prendre le bac (transporte gratuitement les piétons, vélos et voiture d’une rive à l’autre toutes les 15 minutes) et rejoindre Basse-Indre au nord de la Loire.

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Basse-Indre depuis Indret.

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Aperçu de l’oeuvre de Jimmie Durham proposée dans le cadre du Voyage à Nantes.

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Traversée à bord du Lola, bac commandé en 2012 par le Conseil départemental au Chantier Merré situé à Nort-sur-Erdre, près de Nantes. Long de 46 mètres, il peut naviguer à la vitesse de 8 noeuds et transporter 40 voitures. Lola a été nommé en honneur du film du même nom du cinéaste Jacques Demy, illustre figure nantaise, et sorti en 1961.

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Vues sur la Loire depuis Basse-Indre. On aperçoit la Serpentine rouge, et les installations de l’usine DCNS.

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A Basse-Indre, le club d’aviron nautique prépare ses embarcations pour accompagner la flotille.

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Quelques retardataires descendent la Loire pour aller à la rencontre du Belem. Ci-dessus : le Michel Pineau, baliseur des Voies Navigables de France, et l’Oeil d’Argus, ancien chaland converti à la plaisance puis en maison d’habitation, qui fête également ses 120 ans et est habituellement amarré sur les bords de l’Erdre.

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Annonçant l’arrivée du Belem a grands coups de lance, Typhon fait partie de la dernière génération de remorqueurs de la Société Boluda. Sa mission consiste à aider les navires à accoster.

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Le voilà enfin le géant des mers, précédé de l’Entêté, un des tous premiers remorqueurs fluviaux utilisé pour le transport de sable en Loire et sur l’Erdre, construit en 1967 par le Chantier Merré. Il a été restauré par l’Association Bateaux du Port de Nantes.

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Le Canot Tous Temps Pierre Robert Graham est la vedette d’intervention de la SNSM (Société Nationale de Sauvetage en Mer) du Croisic. Mise en service en 1999, la vedette a été présentée lors du Salon Nautique en 2015 et a réalisé près de 500 interventions. La vedette Gavy quant à elle assure une mission de pilotage : elle aide les navires à se diriger vers l’entrée de l’estuaire de la Loire puis, vers leur poste d’amarrage.

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Le Biche, dernier thonier de Groix a été construit aux Sables d’Olonne en 1934. Entièrement restauré de 2009 à 2012, il vient à Nantes pour la première fois.

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Avec sa coque blanche et bleue, Jeanne J est une réplique de la chaloupe de la baie de Bourgneuf datant de 1860. Basée à Noirmoutier, elle est animée par l’Association La Chaloupe. Elle illustre le commerce de proximité qui existait entre Nantes et le pays de Retz.

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Croix du Sud est un chasseur de mines de la Marine Nationale basé à Brest qui est en fonction depuis 1986.

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Le Grand Norven est un sloop sardinier construit en 1993 sur le chantier du Guip à l’Île-aux-Moines, dans le golfe du Morbihan. Il appartient à la ville de Piriac-sur-Mer.

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Vétille est un voilier légendaire construit en 1893 chez Dubigeon (comme le Belem) appartenant à Amerami et confié à l’association « Erdre Voiles Passions » qui le fait naviguer et participer à de nombreuses manifestations comme les Rendez-vous de l’Erdre.

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Le Loriot, canot de pêche à moteur construit en 1956 à Loctudy (Finistère) par le chantier Cariou. Le bateau a eu plusieurs propriétaires successifs, qui ont pratiqué la pêche au trémail et aux casiers. Il possédait un étambrai pour la pose d’un mât, mais celui-ci n’a été installé qu’en 2014 ; il a alors été transformé en canot à misaine.

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Gratitude est une vedette a été construite en 1936 à Ipswich dans le Suffolk pour la randonnée côtière et fluviale. Entièrement refaite en 2004 par le chantier Bagley de Falmouth, elle navigue aujourd’hui sur la Sèvre nantaise.

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Ancien baliseur à voile de 1933, Martroger III sillonnait les eaux jusqu’à Saint-Nazaire pour veiller à la maintenance du balisage.

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Le Michel Pineau.

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Avec sa coque verte, Naoned II, navire amiral du Centre Maritime de Nantes, fête ses 30 ans cette année.

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Saint Michel II est la réplique du bateau que Jules Verne possédait en 1876. Construit par l’association La Cale 2 l’Ile, le voilier vient de fêter ses 5 ans.

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La barge Pacifique et son pousseur Val d’Armor appartiennent à la Compagnie Ligérienne de Transport qui achemine les matières débarquées (charbon, containers, tronçons d’Airbus…) vers l’amont. Jusqu’au mercredi 8 juin, elle est amarrée quai de l’Aiguillon face au hangar à bananes.

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Voilà, la flotille est passée, c’était un beau spectacle !

Pour connaître les autres animations qui se poursuivront toute la semaine, rendez-vous sur Débord de Loire.

Et si vous souhaitez en savoir plus sur le Belem, qui était quand même le roi de la fête, voici quelques informations historiques :

10 juin 1896, un trois-mâts à coque en acier est mis à l’eau à Nantes par l’armement Denis Crouan Fils, après 6 mois de construction dans les chantiers Dubigeon à Chantenay sur Loire. Il se nomme Belem, nom de son comptoir de commerce au Brésil. Il doit servir au transport de marchandises. Les ingénieurs de Dubigeon mettent au point un navire relativement petit, élégant, rapide mais robuste, qui peut transporter jusqu’à 675 tonnes de chargement. Sa ligne vaut au Belem, dès sa naissance, le surnom de « yacht » de l’armement Crouan. Il porte un équipage de 13 hommes. Sur sa proue, la devise « Ordem e Progresso » est celle du Brésil.

Jusqu’en 1914, le Belem sillonne l’Atlantique pour le compte de trois armateurs successifs. Il transporte jusqu’en France des fèves de cacao d’Amazonie pour le célèbre chocolatier Menier, puis par la suite du rhum et de la canne à sucre.

À l’orée de la première guerre mondiale, la carrière commerciale du Belem est interrompue, concurrencée par les « vapeurs » plus rapides.

Il est alors racheté par le duc de Westminster qui l’équipe pour la première fois de moteurs et le transforme en yacht de luxe pour ses loisirs. La dunette est surélevée et ornée de balustres de style victorien. Deux pièces sont construites, le petit et le grand roof, qui viennent agrandir la réception du bateau. L’escalier à double révolution et les décors en acajou de Cuba datant de cette époque sont toujours visibles à bord.

En 1921, c’est Sir Arthur Ernest Guinness, vice-président des brasseries et grand amateur de navigation, qui en devient propriétaire et lui donne le nom de Fantome II. Il fait un tour du monde en famille à son bord pendant un an, en passant par le canal de Panama et celui de Suez.

A la veille de la Seconde Guerre Mondiale, le navire est désarmé à l’île de Wight où il demeure durant tout le conflit.

En 1951, Vittorio Cini, puissant capitaine d’industrie italien rachète aux héritiers d’Arthur Ernest Guinness, son ancien propriétaire, l’élégant trois-mâts du nom de Fantôme II. Il destine le bateau à la Fondation Giorgio Cini qu’il vient de créer au début de cette même année 1951 en mémoire de son fils Giorgio, mort dans un accident d’avion en août 1949. Il le rebaptise alors Giorgio Cini, du nom de la Fondation éponyme. Pour pouvoir accueillir à bord un grand nombre d’élèves, les
espaces intérieurs sont réorganisés. Les compartiments luxueux de l’entrepont (grand salon et cabines privées) sont supprimés. On y installe une grande salle commune, modulable, servant tout à la fois de dortoir, de cantine et de salle d’étude. Autour du grand escalier, les cabines sont réaménagées pour ajouter davantage de couchages. À la proue, les espaces centraux et tribord logent désormais lavabos et toilettes. Sous la dunette, seuls les logements des officiers, du médecin et de l’aumônier conservent les caractéristiques de la période anglaise.

Jusqu’en 1967, 250 élèves y séjourneront chaque année, totalisant 5 000 à 6 000 miles nautiques par été.

Le Giorgio Cini n’est pas qu’un simple navire-école. Aux yeux des Vénitiens, il est également l’incarnation de la renaissance de la tradition navale de leur cité et de sa puissance.

En 1967, jugé trop vétuste pour répondre aux impératifs de la formation navale moderne, il est remisé à quai sur l’île San Giorgio Maggiore durant cinq ans. En 1972, les Carabinieri, qui aspirent à disposer d’un navire-école de prestige, proposent de financer les travaux pour sa remise à neuf. Ils confient le navire aux Cantieri Navali ed Officine Mecchaniche di Venezia (CNOMV), qui réalisent alors, dans l’Arsenal, d’importants travaux de restauration et redonnent au Giorgio Cini son gréement d’origine, celui d’un trois-mâts barque. Mais les travaux de restauration coûtent cher. En dédommagement financier, c’est finalement le bateau lui-même qui est cédé aux chantiers navals en 1976, lesquels se voient contraints de le mettre alors en vente.

L’origine nantaise du trois-mâts a été découverte dès 1970 par un passionné de vieux gréement, le docteur Luc-Olivier Gosse, qui apprenant sa mise en vente, a réussi à attirer l‘attention de ses compatriotes. Malgré une forte mobilisation à Venise, le Giorgio Cini est finalement cédé en avril 1978 à de nouveaux mécènes, les Caisses d’Epargne françaises, qui ont réussi à réunir les fonds nécessaires à son acquisition. Le 15 août 1979, les Vénitiens pleurent le départ de leur trois-mâts.

En 1979, la Caisse d’Epargne rachète donc le Giorgio Cini qui retrouve son nom d’origine en hommage à son passé prestigieux. Elle le ramène en France grâce au concours de la Marine nationale.

En 1980 la Caisse d’Epargne crée la Fondation Belem, qui sera reconnue d’utilité publique, lui fait don du navire et en devient le mécène historique. Il est décidé que le Belem sera exploité comme navire école civil. Les travaux nécessaires pour refaire naviguer le Belem sont confiés à Jean Randier, ancien officier de la marine marchande. Après une première série de travaux à Brest, le Belem est transféré à Paris et amarré au pied de la Tour Eiffel afin d’attirer l’attention des média et du public. En 1984 le voilier est classé Monument historique.

Il participe à de nombreuses navigations et manifestations depuis lors.

(Source : Fondation Belem)

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11 commentaires

  1. Magnifique ton reportage! Magnifiques tes photos ! C’est presque un livre que tu nous « livres » tellement il y a d’informations! Chapeau! Tu devrais faire du reportage ton métier! Vraiment.

    Aimé par 1 personne

  2. C’est bien que ce genre de manifestations ait lieu pour les personnes qui aiment, comme toi, mais j »avoue que je n’en suis pas du tout fan : je suis sans doute un peu trop casanière, disons plutôt que je fuis tout ce qui est rassemblements la plupart du temps ou que j’ai d’autres goûts… Le Belem, de la voiture nous l’avons aperçu amarré sur les quais de la Fosse lorsque nous avons remmené Jérémie à Nantes dimanche soir : il habite juste à côté… Il me semble qu’il y avait aussi une manifestation organisée pour les vélos, car le pont à côté était fermé sur une voie. Il y avait beaucoup de monde en tout cas. En tout cas bravo à toi pour ce reportage richement documenté et illustré.

    Aimé par 1 personne

    • J’aime beaucoup l’univers de la mer, j’aime admirer les bateaux, me promener dans les ports…Question foule on ne se marchait quand même pas dessus car les gens étaient éparpillés tout le long du parcours, ça devait être un peu différent à l’arrivée à Nantes.
      Effectivement dimanche c’était aussi la fête du vélo entre Nantes et l’estuaire, manifestation qui me tentait aussi car certaines voies sont coupées à la circulation automobile, c’est ça le charme de ces rendez-vous même s’il y a beaucoup de monde aussi, moi ça ne me gêne pas.

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      • C’est vrai que question foule je pensais plutôt aux quais de la Fosse, qui devaient être bondés. Mais en fait ça devait faire comme sur les sentiers de rando : les gens sont nombreux aux endroits « stratégiques », mais après sur le sentier c’est éparpillé… Du coup vous n’êtes pas allés jusqu’à l’arrivée du bateau dans le centre de Nantes ?
        Je ne sais pas pourquoi je fuis toujours ces rendez-vous. C’est comme ça depuis toujours. Déjà quand j’étais ado je fuyais tout ce qui était fêtes foraines ou autres… Tant pis pour moi… Cela dit, il en faut pour tous les goûts, et je trouve ça bien que toutes ces manifestations soient organisées partout en France. Je sais que quel que soit la manifestation c’est un boulot énorme, alors c’est sûr super que les gens soient au rendez-vous en nombre, c’est une belle récompense !

        Aimé par 1 personne

  3. Non nous nous sommes contentés de regarder passer les bateaux, c’était déjà très beau.
    Moi j’aime bien ces grands spectacles, les manifestations de rue, la vie quoi !

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