carte union européenne

Je poursuis mes lectures pour le Challenge lectures européennes dans lequel je me suis engagée en mai 2015. Après un premier bilan en septembre dernier, voici les derniers titres lus.

Slovénie : Coco Dias ou la Porte Dorée de Brina Svit

Coco Dias ou la Porte Dorée Brina Svit

Ce roman raconte l’histoire de Valérie, la quarantaine, traductrice lassée de son travail, écrivain pas véritablement passionnée par l’héroïne de son roman : une femme qui lui ressemble et qui semble manifester peu de passion dans la vie.

Soudain une décision, celle de ne pas suivre son mari et son fils dans un déménagement, celle de répondre au marché proposé par un danseur de tango : écrire sa vie en échange d’apprendre à danser.

Et voilà Valérie métamorphosée, au gré de ses rendez-vous dans l’appartement de la Porte Dorée, puis à Buenos Aires, retrouvant le goût d’oser, de séduire, de penser à elle…

Si le début de l’histoire m’a semblé un peu artificiel, je me suis laissé prendre au jeu de la découverte d’une danse qui révèle la personne, qui est la vie même. J’ai aimé apprendre ce qu’est le tango, cette passion se transmettant au corps et par le corps, ce tempo qui rythme toute la vie des danseurs.

Une jolie découverte.

Brina Svit, née en 1954 à Ljubljana, est une femme de lettres slovène écrivant principalement en français.

Coco Dias ou la Porte Dorée est paru chez Gallimard en août 2007 (18,20) puis en poche chez le même éditeur en 2009 (7,50€).

Morceaux choisis :

«C’est un roman vrai. Je ne suis pas Valérie Nolo, mais j’ai vraiment rencontré, il y a plus d’un an maintenant, Coco Dias, danseur de tango. Et il m’a fait exactement la même proposition que dans le roman : si tu écris sur moi, je t’apprends à danser. Bien qu’en train d’écrire autre chose, j’ai accepté ; je savais que plus jamais on ne me ferait une proposition pareille.
Voilà donc une histoire qui se déroule à Paris, à la Porte Dorée, et à Buenos Aires. Je pourrais dire aussi : voilà l’histoire d’un danseur de tango qui se confond avec l’histoire du tango. Ou bien : voilà l’histoire d’une femme qui comprend enfin ce que c’est que tenir un homme dans ses bras.»
Brina Svit.

Bulgarie : Nous dînerons en français de Albena Dimitrova

Nous dînerons en français Albena Dimitrova

Alba est une toute jeune fille de 17 ans, atteinte d’une paralysie de la jambe inexpliquée. A l’hôpital, elle fait la connaissance de Guéo, cadre du Politburo de 55 ans, obnubilé par la réforme du parti.

Entre ces deux personnages que tout oppose va se nouer une amitié puis une idylle inattendue. De l’hôpital au sanatorium, en passant par Varna au bord de la mer noire, ils vont vivre comme une parenthèse au milieu d’un pays en pleine faillite idéologique, quelques années avant la chute du communisme.

C’est l’histoire de ces deux personnes qui nous est racontée, mais aussi celle de la Bulgarie évoquée avec beaucoup de nostalgie, fragments d’un monde en perdition, fragments d’idéologie communisme qui perdra Guéo, fragments de culture européenne et d’amour de la France et du français qui sauveront Alba.

Je me suis posée la question de la part du réel et de la fiction dans ce récit plein de tendresse.

Si j’ai trouvé l’histoire intéressante, je n’ai pas été touchée par l’écriture particulière, aux douces sonorités d’une langue maîtrisée mais empreinte de références étrangères.

J’ai aimé la présentation du rapport disparu de Guéo à la fin, qui fait réfléchir en cette période d’incertitude politique…

Née à Sofia en 1969, Albena Dimitrova rejoint la France quelques mois avant la chute du mur.

Nous dînerons en français a été publié chez Galaade en septembre 2015 (18€).

Livre lu également dans le cadre du Prix des lecteurs nantais

République tchèque  : Les montagnes rouges de Petra Hůlová

Les montagnes rouges Petra Hulova

A travers les récits successifs de 5 femmes représentant 3 générations d’une même famille, l’auteure brosse le portrait d’une Mongolie actuelle en proie à un changement majeur de société et de valeurs.

Dzaïa a trois soeurs. L’aînée, Magi, la plus belle et préférée du père pour ses traits mongols et sa filiation sûre, disparaît au cours d’un accident tragique. Oyuma la plus petite est la favorite de sa mère dont elle suivra le chemin. Restent Dzaïa et Nara, très proches, bâtardes dans ce pays où la pureté de la lignée est primordiale.

Tour à tour, elles tenteront de trouver leur chemin à Oulan Bator, la capitale qui attire, le lieu de tous les possibles et de tous les dangers. L’attrait pour la ville et la culture occidentale, les dangers de l’alcoolisme et des violences faites aux femmes y sont clairement évoqués.

D’autres personnages féminins entrent également dans la danse, tante, grand-mère, toutes tiraillées entre modernité et tradition. Tandis que les hommes apparaissent ça et là, pas vraiment sous leur meilleur jour…

Malgré une histoire un peu décousue puisque mêlant plusieurs voix et plusieurs époques, j’ai beaucoup aimé l’évocation de ce pays qui m’attire tant. On y découvre la vie dans la steppe, dominée par les hommes et les traditions, et où les aspirations des femmes peinent à se révéler.

Ce choeur de femmes, tour à tour nostalgique, apaisant, rageur, traditionnel ou réconfortant, évoque les failles des âmes et d’une société toute entière.

Une belle découverte.

Née à Prague en 1979, Petra Hůlová a passé un an en Mongolie à l’occasion de ses études.

Les montagnes rouges est paru aux éditions de l’Olivier en 2005 (21,30€).

Autriche : Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer

Quand souffle le vent du nord Daniel Glattauer

Emma envoie par inadvertance un mail de résiliation d’abonnement à Leo, à la mauvaise adresse. Avec beaucoup d’humour, Leo répond. Un mail puis deux et c’est une correspondance qui débute entre ces deux inconnus. Beaucoup d’humour, des personnalités qui s’esquissent, un petit jeu de séduction qui débute, jeu de chat et de souris aussi entre ces deux personnes qui s’aménagent comme une parenthèse virtuelle dans leurs vies respectives.

Mais si Leo est à la fin d’une histoire d’amour, bientôt libre, Emma ne l’est pas…

J’ai beaucoup aimé ces échanges de mail et j’ai souri à leur lecture pendant de nombreuses pages. Puis on se demande comment cette histoire va finir, comment elle peut finir et on imagine quantité des scénarios.

Une lecture plaisante, bien dans son époque, pour un bon moment de détente.

Daniel Glattauer est un écrivain autrichien né à Vienne le 19 mai 1960.

Quand souffle le vent du nord est paru chez Grasset en 2010 (18,30€) puis au Livre de poche en 2011 (7,10€)

livres

J’aime beaucoup ce challenge, qui me permet de découvrir des auteurs (car la littérature de certains pays nécessite des recherches, et n’est pas si accessible dans les librairies et bibliothèques françaises !), et qui change aussi des nouveautés attendues ou des écrivains classiques, connus ou dont la promotion commerciale attise la curiosité.

4 nouveaux pays donc, à rajouter aux 9 précédemment cités :

Allemagne : En route pour Compostelle de Monica Peetz

Belgique : Barcelona ! de Grégoire Polet

Espagne : Marina de Carlos Ruis Zafón

Finlande : Le lièvre de Vatanen de Arto Paasilinna

France : Et tu n’es pas revenu de Marceline Loridan-Ivens

Pays-Bas : Là-haut, tout est calme de Gerbrand Bakker

Portugal : Les mémorables de Lídia Jorge

Royaume-Uni : Expo 58 de Jonathan Coe

Suède : L’analphabète qui savait compter de Jonas Jonnason et Kolka de Bengt Ohlsson

Mais la liste est encore longue puisque l’Union européenne compte 28 pays… Si vous avez des suggestions pour la Croatie, le Danemark, l’Estonie, Finlande, la Hongrie, l’Irlande, la Lettonie, la Lituanie, Luxembourg, Malte, la Pologne, la  Roumanie ou la Slovaquie, je suis preneuse !

Retrouvez désormais mes comptes-rendus de lecture sur mon autre blog Mes mots Mes livres

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