Lecture : Un marin chilien de Agnès Mathieu-Daudé

Un marin chilien Agnès Daudé-Mathieu

Alberto est un géologue chilien. A l’approche de l’éruption d’un volcan islandais, il est envoyé dans ce pays pour étudier le phénomène.

A peine arrivé à Reykjavik, il rencontre Thórunn, jeune femme divorcée, avec laquelle il prend un café.

Dans cette ville aux accents de village, la moindre information circule et très vite, surtout avec de l’aide. L’ex-mari de Thórunn, Thorvaldur, un géant, marin alcoolique un brin dérangé (c’est le moins que l’on puisse dire !) et qui considère son ex-femme comme sa propriété, imagine tout de suite le pire…

Les deux hommes se rencontrent, à plusieurs reprises, dans un petit jeu de chat et de souris, tandis que l’aventure se poursuit pour Alberto, un peu à la manière d’un road trip, d’un voyage initiatique.

En parallèle à cette aventure un peu loufoque, l’auteure dresse de beaux portraits, Alberto bien sûr, avec ses failles et ses souffrances, la solide Thórunn et la chétive Maria laissée au pays… Des personnages qui se cherchent, qui chacun à leur manière tentent d’apprivoiser leur sort, avec plus ou moins de bonheur, plutôt moins que plus d’ailleurs.

Mais c’est surtout le roman d’une quête, quête d’identité de l’enfant abandonné, quête de la mère, de l’amour ou de l’amitié, d’une terre à laquelle s’arrimer, d’un univers dans lequel se construire.

Bien sûr j’ai été sensible aux paysages évoqués, car l’Islande qui est un pays qui m’attire énormément et que j’aimerais beaucoup visiter. C’est un univers brut qui est décrit, encore en formation, étrange parallèle avec ces hommes et ces femmes décrits avec délicatesse.

J’ai beaucoup aimé.

Agnès Mathieu-Daudé est une historienne d’art française née en 1975.

Un marin chilien est paru en janvier 2016 chez Gallimard (2016). C’est le premier roman de l’auteure.

Morceaux choisis :

« La femme, blonde et claire, lui avait semblé belle comme quatre saisons successives avec les couchers de soleil rougeoyants, et les pleines lunes argentées aussi, tout ce qu’on voulait. »

« D’avoir trouvé à qui s’arrimer avait donné à Thórunn une nouvelle assurance. »

« Ce n’est rien d’autre que cela, la jalousie, que d’arracher indéfiniment une croûte qu’il faudrait laisser recouvrir une blessure ancienne qui ne guérit jamais. Tout ce que l’on construit établit une mince couche protectrice sur la blessure, mais à la moindre tentative, on y met les doigts, on gratte et ça recommence à saigner. »

« La route en Islande, c’était comme un mètre ruban de couturière, parfois découpé en deux quand on avait pris la peine de dessiner des voies, se déroulant à plat sur le terrain sauvage auquel l’homme se mesurait ainsi. »

Retrouvez désormais mes comptes-rendus de lecture sur mon autre blog Mes mots Mes livres

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