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Grand Nord arctique, Kolya et Lyouba vivent parmi une communauté de reclus, une poignée de personnes piégées sur ce bout de territoire russe.

En quelques heures, il y a de nombreuses années déjà, les autorités ont vidé une ville de ses habitants, abattu les troupeaux contaminés, enfoui des déchets radioactifs dans une mine qu’ils ont fait murer, condamnant les mineurs qui travaillaient au fond.

Dans « la zone », Kolya le lapon pleure depuis lors son film mineur et essaie d’apaiser sa peine en gravant et offrant de l’ivoire à la terre. Lyouba, elle, est née là, élevée depuis la disparition de ses parents par une vieille bigotte. Celle-ci l’a livrée en pâture à l’auto-proclamé pope le jour de ses 18 ans, puis à d’autres hommes, pour essayer de conjurer le sort et l’infertilité.

Ces deux personnages vont peu à peu s’apprivoiser, apprivoiser leurs peurs également, et unir leurs forces pour contrer l’immobilisme et la peur.

L’écriture se fait l’écho de l’atmosphère lourde, comme d’enfermement, qui règne au sein de cette micro société. Le récit vous happe.

Une très belle lecture, que je recommande.

Franck Pavloff, auteur entre autres de la magnifique nouvelle Matin brun, est un écrivain français né en 1940 à Nîmes.

L’homme à la carrure d’ours est paru en janvier 2012 chez Albin Michel (15,20€). Il est également disponible au Livre de poche (5,90€).

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Ioan était photographe. Il sillonnait le monde, cartographiant les champs de ruines après les combats. Quand son fils a disparu corps et biens en mer, il a tout quitté : son métier, sa région, sa femme, et s’est réfugié dans un mas isolé des Cévennes. Il s’y harasse le corps et l’âme à relever des murets, pierre après pierre, jour après jour.

Mais un sms le sort de sa torpeur. Sa belle-fille, qu’il n’a pas vu depuis 15 ans, lui annonce la fugue de Valentin son petit fils de 17 ans.

Ioan part alors à Barcelone sur les traces de Valentin, mais aussi à la poursuite de son histoire familiale…

Une nouvelle fois cet auteur ne m’a pas déçue. Je suis sous le charme de cette belle écriture qui traduit magnifiquement les émotions des personnages. L’histoire est très belle, mêlant tourments personnels et éléments historiques. Les personnages sont charismatiques, émouvants, plein de vie.

La fin est magnifique, pleine d’émotion et d’espoirs. J’ai beaucoup aimé.

L’enfant des marges a été édité chez Albin Michel en août 2014 (18€).

« De s’être retiré dans ce mas battu par un océan de pierres avec la volonté de se mettre à l’écart du monde ne semble pas avoir été le meilleur remède pour apaiser son âme. il est en constante tension, définitivement absent. il n’y a place pour personne à ses côtés […] »

« […] il était relié sur a douleur, emporté par son obstination à agencer des pierres comme s’il voulait faire des Cévennes un gigantesque mausolée. »

« Il lui racontera aussi une autre histoire. Celle d’un enfant touché en plein coeur par un mot terrible lancé par sa mère : « traidor ». Un enfant qui portera en lui, mais sans en comprendre la cause, la honte d’un père embrigadé par la politique stalinienne. un enfant qui n’arrivera plus à ajuster son regard à celui des autres, et qui devenu grand et photographe, choisira de se confronter à un monde sans visages. »

« La continuité, ce n’est pas de reproduire le passé à l’identique, c’est de le prolonger. Ca aide à admettre que le passé rêvé ne revient jamais. »

Retrouvez désormais mes comptes-rendus de lecture sur mon autre blog Mes mots Mes livres

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